La réduction du gaspillage alimentaire : un effort payant!
Saviez-vous qu’en encourageant les citoyens et les organisations de votre territoire à réduire le gaspillage alimentaire, vous pourriez contribuer à d’importantes retombées économiques, autant pour le portefeuille de vos citoyens que pour le budget de vos entreprises et de votre municipalité?
Apprenez-en plus sur cette avenue peu coûteuse qui peut vous apporter de nombreux bénéfices.
Qu’est-ce que le gaspillage alimentaire?
Le saviez-vous?Si le gaspillage alimentaire était un pays, il serait le 3e plus gros producteur de GES, après la Chine et les États-Unis (FAO, 2012 – en anglais).
Le gaspillage alimentaire se définit par toute partie comestible d’un aliment destiné à la consommation humaine qui est détournée, dégradée, perdue ou jetée à n’importe quelle étape du système bioalimentaire, incluant celles de la récupération et redistribution alimentaire et des consommateurs.
Au Québec, 41 % de la nourriture est rejetée au long de la chaîne alimentaire, de la terre (ou mer) à la table, pour un total de 3,1 millions de tonnes. Une part de cette énorme quantité (61 %) est constituée des parties non comestibles des aliments, comme les os et les coquilles d’œufs.
Toutefois, on évalue que 39 % des résidus alimentaires, soit 1,2 million de tonnes, sont des aliments qui auraient dû être mangés ou donnés (ex. : à des banques alimentaires) plutôt que rejetés (RECYC-QUÉBEC, 2022).
Une part importante de ce gaspillage a lieu dans nos maisons. Eh oui! 28 % du gaspillage alimentaire a lieu au sein des ménages au Québec.
Pourquoi s’en soucier?
Toute cette nourriture jetée a des impacts significatifs sur l’économie et l’environnement. En plus d’occasionner une utilisation inadéquate de nos ressources, les pertes et le gaspillage alimentaires génèrent des émissions de gaz à effet de serre (GES) qui contribuent aux changements climatiques.
Au Québec, le gaspillage alimentaire de l’ensemble du système bioalimentaire génère 3,6 millions de tonnes d’émissions de GES, soit l’équivalent de 4 % des émissions totales de la province. C’est davantage que les émissions combinées des secteurs du transport maritime, aérien et ferroviaire au Québec.
Les aliments causent des émissions de GES qui s’accumulent au fil des étapes de la chaîne d’approvisionnement alimentaire. Puisque la majorité des émissions de GES des aliments consommés au Québec est associée à leur production (67 % des émissions des aliments), il est toujours préférable de consommer les aliments plutôt que de les mettre au compost ou de les jeter.
Un impact financier pour votre municipalité
Chaque kilogramme de nourriture qui se retrouve dans le bac brun ou dans les déchets a un coût direct pour votre municipalité. Ce coût comprend la collecte et les frais de gestion de la matière, que ce soit pour le compostage, la biométhanisation ou pour son élimination.
Si cette nourriture se retrouve à la poubelle, vous risquez en plus de recevoir un montant moins élevé lors de la redistribution des redevances régulières à l’élimination. Depuis 2018, cette subvention dépend à 100 % de votre performance territoriale. La performance de votre municipalité est évaluée en fonction des quantités de matières résiduelles éliminées par habitant.
Ainsi, plus la quantité de matières résiduelles éliminées par habitant est grande dans votre municipalité, moins vous serez considérée comme performante et moins la subvention versée sera élevée. Une autre bonne raison de passer à l’action!
Un impact financier pour vos citoyens
Le Conseil national zéro déchet estimait en 2022 que les ménages canadiens gaspillaient environ 140 kg de nourriture annuellement, soit une valeur de 1 300 $ (J’aime manger, pas gaspiller, 2022).
Dans un contexte de hausse du prix des aliments, le gaspillage alimentaire a un impact de plus en plus important sur le portefeuille des consommateurs. L’Université Dalhousie estime qu’en 2026, la facture d’épicerie des Canadiens pourrait augmenter de 1 000 $ par rapport à l’année précédente (Rapport annuel sur les prix alimentaires, 2026).
En accompagnant vos citoyens dans la lutte au gaspillage alimentaire, vous les aiderez à garder plus d’argent dans leurs poches!
Comment passer à l’action?
Documentez
Afin de voir d’où vous partez, mais surtout pour suivre l’impact de vos efforts, mesurez le gaspillage alimentaire de vos citoyens.
Basez-vous sur le Food Loss and Waste Accounting and Reporting Standard (en anglais) pour utiliser une approche méthodologique élaborée par un comité d’experts internationaux, dont l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et le Waste and Resources Action Program (WRAP).
Communiquez avec vos citoyens
La réduction du gaspillage alimentaire commence par intégrer des trucs simples à la routine pour mieux planifier les achats, bien conserver les aliments et maximiser leur utilisation.
Visitez le site J’aime manger, pas gaspiller pour plus d’informations.
Vous souhaitez aller plus loin?
Pourquoi ne pas mettre un frigo communautaire à la disposition de vos citoyens afin de recueillir et de partager des denrées alimentaires aux personnes qui en ont besoin? Inspirez-vous de ceux qui ont déjà passé à l’action et consultez le Répertoire des frigos communautaires du Québec.
Investir pour économiser
Fait intéressant : les retombées économiques de la campagne J’aime manger, pas gaspiller ont été évaluées à Londres et pour chaque 1 $ investi dans la campagne, 8 $ ont été économisés en frais de gestion des déchets. Lorsqu’on inclut en plus les économies réalisées par les citoyens, ce ratio passait à 92 $ économisés pour chaque 1 $ investi. (Champions 12.3, 2017 – en anglais)
Accompagnez vos ICI
Il y a fort à parier que plusieurs organisations sur votre territoire travaillent déjà à réduire le gaspillage et à lutter contre l’insécurité alimentaire. Il s’agit souvent de projets de récupération d’invendus, de glanage dans les champs, de cuisines de transformation alimentaire, de redistribution aux populations vulnérables ou de frigos communautaires.
Dans un premier temps, invitez ces organisations à vous brosser un portrait de la situation et à exposer leurs besoins. Elles pourront vous aider à identifier les priorités de votre région, que ce soit le déploiement d’un nouveau projet, la consolidation d’actions en place ou la croissance d’un projet existant.
Cela vous permettra ensuite de cibler le rôle que peut jouer votre municipalité pour l’essor ou le maintien de ces initiatives, tout en favorisant une concertation régionale forte.
Un investissement payant
Une étude a évalué le retour sur investissement des efforts pour réduire le gaspillage et les pertes alimentaires de près de 700 compagnies, réparties sur 1 200 sites dans 17 pays. Il en ressort que le ratio médian coût-bénéfice est de 1:14, c’est-à-dire que pour chaque 1 $ investi dans la réduction du gaspillage et des pertes alimentaires, 14 $ sont économisés par l’entreprise. Un retour sur investissement de 1 300 %! (Champions 12.3, 2017 – en anglais).
Accompagnez vos ICI en les aidant à évaluer les causes des pertes et du gaspillage alimentaire dans leurs installations. Basez-vous sur l’approche du Food Loss & Waste Protocol (en anglais) pour y arriver ou suivez le Guide pratique – Pourquoi et comment mesurer la perte et le gaspillage d’aliments? publié par la Commission de coopération environnementale (CCE).
Et pour les aider à développer un plan d’action afin d’améliorer leur gestion des matières résiduelles et bénéficier de l’accompagnement des professionnels de RECYC-QUÉBEC, incitez vos ICI à participer à notre programme ICI on recycle +.