Réduction du gaspillage alimentaire par les citoyens

Saviez-vous qu’en encourageant vos citoyens à réduire le gaspillage alimentaire, vous pourriez avoir d’importantes retombées économiques, autant dans les poches de vos citoyens que pour votre budget municipal?

Apprenez-en plus sur cette avenue peu coûteuse qui peut vous apporter de nombreux bénéfices.

Qu’est-ce que le gaspillage alimentaire?

Le saviez-vous?Si le gaspillage alimentaire était un pays, il serait le 3e plus gros producteur de GES, après la Chine et les États-Unis (FAO, 2012).

Le gaspillage alimentaire se définit généralement par toute nourriture destinée à la consommation humaine qui est perdue ou jetée tout au long de la chaîne alimentaire, que ce soit au champ, dans le transport, lors de leur transformation, à l’épicerie, dans les restaurants et hôtels ou encore à la maison. Saviez-vous que c’est dans nos frigos que la situation est la pire?

Eh oui! Au Canada, les aliments jetés à la maison correspondent à 47 % de la valeur de tous les aliments qui sont gaspillés tout au long de la chaîne alimentaire, de la fourche à la fourchette (VCM, 2014 - en anglais).

Toute cette nourriture jetée a des impacts significatifs sur l’environnement, pensons par exemple à toutes les ressources et l’énergie consommées pour la production et l’acheminement de ces denrées ainsi qu’à l’enfouissement de ces matières qui fait augmenter les gaz à effet de serre (GES).

Pourquoi s’en soucier?

Des quantités importantes

Le saviez-vous?Plusieurs études ont démontré que les personnes qui ont accès à une collecte des matières organiques gaspillent plus. Pourquoi? Le sentiment de culpabilité est amoindri puisque les gens ont l’impression de faire un bon geste en compostant. Évitez cet effet rebond de votre programme de recyclage des résidus alimentaire en participant à la campagne J’aime manger, pas gaspiller.

Les aliments qui se retrouvent injustement dans le bac brun ou à la poubelle génèrent des coûts environnementaux et économiques. Selon une étude (WRAP, 2012 - en anglais), on évalue cette part entre 64 % et 82 %.

Toujours selon cette étude :

  • 64 % des résidus alimentaires sont évitables, ils pourraient donc être mangés plutôt que jetés
  • 18 % sont potentiellement évitables, ils pourraient donc être mangés, mais cela dépend des préférences des consommateurs (ex. : croûtes de pain, pelure de pomme)
  • 18 % sont inévitables (ex. : os, coquilles d’œufs, pelure d’ananas) et devraient se retrouver dans le bac brun ou dans les déchets
Agrandir Types de résidus alimentaires retrouvés dans les déchets résidentiels
Image 1 -- Types de résidus alimentaires retrouvés dans les déchets résidentiels

Voici un graphique qui présente la proportion des types de résidus que l'on retrouvent dans les déchets.

Cela veut dire qu’une importante quantité de résidus alimentaires est collectée et gérée par la municipalité alors qu’elle pourrait être réduite à la source. Pourtant, selon un sondage réalisé en 2015, 72 % des Québécois estiment faire peu (40 %) ou pas (32 %) de gaspillage alimentaire (À vos frigos, 2015).

Un impact financier pour votre municipalité

Chaque kilogramme de nourriture qui se retrouve dans le bac brun ou dans les déchets a un coût direct pour votre municipalité. Ce coût comprend la collecte et les frais de gestion de la matière, que ce soit par compostage, biométhanisation ou pour son enfouissement. 

Si cette nourriture se retrouve à la poubelle, vous risquez en plus de recevoir un montant moins élevé lors de la redistribution des redevances régulières à l’élimination. Depuis 2018, cette subvention dépend à 100 % de votre performance territoriale. La performance de votre municipalité est évaluée en fonction des quantités de matières résiduelles éliminées par habitant.

Ainsi, plus la quantité de matières résiduelles éliminées par habitant est grande dans votre municipalité, moins vous serez considérée comme performante, et moins la subvention versée sera élevée. Une autre bonne raison de passer à l’action!

Un impact financier pour vos citoyens

Le coût annuel du panier d’épicerie est d’environ 6 288 $ par ménage (Institut de la statistique du Québec, 2016) et on considère que les gens gaspillent en moyenne de 14 % à 25 % de leur panier d’épicerie (Laure Waridel, 2011).

Selon une étude réalisée en 2017 par le Conseil national zéro déchet au Canada (CNZD, 2018), cela représente 140 kilogrammes de nourriture jetée par année – une valeur de plus de 1 100 $ par année!

Agrandir Infographie du coût du gaspillage alimentaire pour les ménages
Image 2 -- Coût du gaspillage alimentaire

Chaque ménage perd en moyene environ 1100 $ par année en raison du gaspillage alimentaire.

Comment passer à l’action?

Documentez

Afin de voir d’où vous partez, mais surtout pour suivre l’impact de vos efforts, mesurez le gaspillage alimentaire de vos citoyens.

Basez-vous sur le Food Loss and Waste Accounting and Reporting Standard (en anglais) pour utiliser une approche méthodologique élaborée par un comité d’experts internationaux, dont l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et le Waste and Resources Action Program (WRAP).

Communiquez avec vos citoyens

Investir pour économiserLes retombées économiques de la campagne J’aime manger, pas gaspiller ont été évaluées dans à Londres, en Angleterre, et pour chaque 1 $ investi dans la campagne, 8 $ ont été économisés en frais de gestion des déchets. Lorsqu’on inclut en plus les économies réalisées par les citoyens, ce ratio passait à 92 $ économisés pour chaque 1 $ investi (Champions 12.3, 2017 - en anglais). 

Encouragez vos citoyens à modifier leurs comportements pour réduire le gaspillage alimentaire avec la campagne J’aime manger, pas gaspiller.

Cette campagne est l’adaptation francophone de la campagne Love Food Hate Waste développée au Royaume-Uni et s’appuie sur plus de 10 ans d’études comportementales.

RECYC-QUÉBEC en est le partenaire principal pour le déploiement de la version francophone à travers le Canada.

Devenez vous aussi partenaire pour avoir accès à une campagne de communication clé en main qui a fait ses preuves et joignez une communauté d’ambassadeurs au Québec et au Canada.

Visitez le site J’aime manger, pas gaspiller pour tous les détails.

Accompagnez vos ICI

Un investissement payantUne étude a évalué le retour sur investissement des efforts pour réduire le gaspillage et les pertes alimentaires de près de 700 compagnies, réparties sur 1 200 sites dans 17 pays. Il en ressort que le ratio médian coût-bénéfice est de 1:14, c’est-à-dire que pour chaque 1 $ investi dans la réduction du gaspillage et des pertes alimentaires, 14 $ sont économisés par l’entreprise. Un retour sur investissement de 1 300 % (Champions12.3, 2017 - en anglais)! 

Les déchets générés par les industries, commerces et institutions (ICI) de votre territoire ont un impact sur l’évaluation de la performance territoriale dans le cadre de la redistribution des redevances régulières à l’élimination.

Accompagnez-les pour réduire les pertes et le gaspillage alimentaires dans leurs activités, ce qui se traduit habituellement par des économies.

Par exemple :

  • Déployez des efforts de sensibilisation, faites connaître les bons coups, lancez des projets rassembleurs ou soutenez les organismes de redistribution des invendus ou des produits déclassés sur votre territoire. Tout le monde en sortira gagnant!
  • Vous voulez aller encore plus loin? Accompagnez vos ICI en les aidant à évaluer les causes des pertes et du gaspillage alimentaire dans leurs installations. Basez-vous sur l’approche du Food Loss & Waste Protocol (en anglais) pour y arriver.
  • Et pour les aider à développer un plan d’action afin d’améliorer leur gestion des matières résiduelles et bénéficier de l’accompagnement des professionnels de RECYC-QUÉBEC, incitez vos ICI à participer à notre programme ICI on recycle+.