Optimiser l’acceptabilité sociale d’une installation de traitement des matières organiques

Votre municipalité ou votre organisme planifie une nouvelle installation de traitement des matières organiques sur son territoire?

Une bonne chose à faire est d’impliquer les citoyens dès le début de la planification de votre projet. De cette façon, vous pourrez mieux répondre à leurs préoccupations et ainsi favoriser l’acceptabilité de votre projet.

Cette page vous propose d’autres facteurs à considérer pour favoriser et optimiser l’acceptabilité de votre projet auprès de vos citoyens. 

Sources de préoccupations

Les odeurs

Trucs et conseils Il est très important d’établir dès le début de votre projet, soit dès la phase de planification, un lien de confiance avec la population. Pour ce faire, nous vous recommandons d’axer vos communications sur les préoccupations de vos citoyens qu’elles soient réelles ou perçues, en indiquant clairement les moyens qui seront mis de l’avant pour y répondre adéquatement.

La principale source de nuisance qui préoccupe les citoyens? Le risque d’odeurs liées au traitement des matières organiques.

Cette préoccupation s’explique notamment par la forte médiatisation des problèmes d’odeurs qu’ont déjà vécus dans le passé des citoyens qui habitent à proximité de certaines installations. Cela a eu comme effet de rendre la population parfois craintive face à l’implantation d’une nouvelle installation de traitement des matières organiques, même s’il s’agit d’une technologie en bâtiment fermé avec traitement de l’air.

La circulation locale

Une autre préoccupation importante est l’augmentation de la circulation locale aux abords du centre de traitement et la présence de camions lourds. Les citoyens craignent donc une hausse du bruit et des enjeux au niveau de la sécurité routière.

Autres

Les autres éléments qui peuvent préoccuper les citoyens par rapport à l’implantation d’une nouvelle installation de traitement des matières organiques sont :

  • Les poussières et les bioaérosols (toxines d’origine biologique dans l’air)
  • Le bruit
  • La présence d’oiseaux, d’insectes et d’animaux
  • Les nuisances d’ordre esthétique et de propreté (ex. : éparpillement des résidus de plastique et de papier)
  • La détérioration de l’état des routes d’accès
  • Les impacts potentiels liés aux risques d’incendie et d’explosion (applicable aux installations de biométhanisation) même si en réalité ces aspects présentent un faible risque
  • Le caractère industriel des usines à proximité d’un paysage résidentiel malgré le respect des distances séparatrices exigées par le MDDELCC

Aspects sur lesquels portent les préoccupations

Selon différentes sources consultées, la population se préoccupe plus particulièrement des aspects suivants :

  • Techniques et environnementaux : envergure, technologie utilisée, compatibilité du projet avec la localisation, mesure de contrôle et de suivi
  • Sociaux : respect et mécanismes de prise en compte des préoccupations, implication des citoyens dans le suivi de projets, équité territoriale
  • Économiques : mesures compensatoires à la collectivité, retombées économiques locales, capacité de financement et de résolution de problème
  • Gouvernance : qualification et expérience des gestionnaires, mode de gestion, attitude responsable et diligente

Vous remarquerez donc que certains de ces aspects sont davantage liés au projet et à ses particularités, alors que d’autres concernent plutôt le contexte de localisation (historique, compatibilité des activités, etc.).

Facteurs qui peuvent compromettre ou favoriser l’acceptabilité d’un projet

Voici les principaux facteurs d’échec et de réussite liés à l’acceptabilité sociale d’un projet de biométhanisation.

Facteurs de réussite

En lien avec le projet :

  • Valeur ajoutée du projet sur le plan environnemental
  • Avantages économiques locaux : création d’emplois, taxes locales, réseau de chaleur issu d’énergie renouvelable
  • Autres avantages : tourisme « industriel » généré par le site, attractivité du territoire

En lien avec le contexte :

  • Soutien des élus et des instances politiques
  • Contexte politique local favorable aux énergies renouvelables
  • Communication maîtrisée et planifiée en amont du projet
  • Facilitation de l’accès à l’information
  • Implication active de la population dans les processus de consultation et de décision

Facteurs d’échec

En lien avec le projet :

  • Méconnaissance ou doute du public sur la technologie
  • Engagements non tenus par le porteur de projet
  • Nuisances récurrentes sur certains sites (ex. : odeurs), ayant comme effet d’associer la technologie à une nuisance environnementale
  • Traitement de déchets organiques issus d’autres territoires
  • Absence de communication et communication tardive, défensive ou mal ciblée
  • Langage trop technique pour le public cible

En lien avec le contexte :

  • Manque de volonté d’implication des instances ou autorités politiques en amont
  • Rivalités politiques (ex. : opposants au maire en place)
  • Inquiétude des citoyens par rapport à la préservation de leur qualité de vie
  • Proximité du lieu d’implantation avec les habitations
  • Mauvaise intégration dans le milieu (environnement, proximité des citoyens, intégration au paysage, etc.)

Notez qu’un projet tout à fait acceptable dans un certain contexte peut être mal reçu dans une situation moins favorable. Une démarche d’acceptabilité sociale d’un projet doit donc essentiellement tenir compte du contexte.

Par exemple, la démarche de planification d’un projet de compostage et de biométhanisation sera plus difficile et importante sur le plan social si les conditions locales lui sont défavorables. L’un des facteurs aggravants qui revient souvent est l’historique passé d’un projet auquel ont été associées des nuisances répétées et non résolues.

Exemples de cas

Consultez nos fiches :