Les meilleures pratiques pour favoriser la participation citoyenne à la collecte des résidus alimentaires

Vous planifiez ou avez déjà implanté le service de collecte des résidus alimentaires dans le but de détourner ces matières organiques de l’élimination? Pour atteindre des niveaux de performance intéressants, la clé est d’assurer une participation citoyenne optimale. Comment? 

Découvrez dans cette section les éléments qui favoriseront l’engagement de vos citoyens.

Le plan de communication : votre stratégie auprès des citoyens

L’élaboration et la mise en place d’un plan de communication sont la pierre angulaire d’un nouveau service de collecte. Le plan doit prévoir :

  • les messages et l’information que vous désirez partager avec vos citoyens
  • leur répartition dans le temps
  • le moyen pour les communiquer

Puisque la participation à la collecte nécessite un changement de comportement, veillez à faciliter la tâche pour vos citoyens. Assurez-vous que l’information soit vulgarisée pour que les messages soient faciles à comprendre et que les règles soient faciles à adopter. 

Quoi dire à vos citoyens?

L’élaboration des messages est au cœur du plan de communication. Les points suivants sont basés sur les meilleures pratiques recensées et fournissent plusieurs exemples pour vous inspirer :

  • Pourquoi implanter une nouvelle collecte? Présentez les arguments économiques, environnementaux (notamment GES) et sociaux en faveur d’une meilleure gestion des matières organiques par les citoyens
    • En comprenant bien l’importance du tri pour la qualité du produit fini, soit le compost ou le digestat, on favorise l’adoption de bonnes habitudes 
    • Consultez quelques exemples de matériel produit par d’autres municipalités, comme la vidéo produite par la MRC Témiscamingue, le visuel utilisé par la Ville de Boisbriand ou l’information préparée par la Ville de Gatineau
  • Les informations logistiques : date de livraison du bac et date de début de la collecte 
    • Truc : répétez l’information concernant la date de début de la collecte et l’horaire par secteur desservi dans le bac lors de sa livraison, cela évitera de retrouver des bacs pleins en bordure de rue avant le début de la collecte
    • Plusieurs villes vous diront qu’il est préférable de conserver un délai de quelques semaines entre la livraison du bac et le début du service de collecte
  • Comment faire? Fournissez des explications simples sur la façon d’utiliser le bac de cuisine et le bac brun, dont les matières qui y sont acceptées et refusées
    • Gardez les instructions générales à la portée de tous, comme les 3 règles simples de la Ville de Prévost. Pour les citoyens qui veulent plus de précisions, vous n’aurez ensuite qu’à rendre disponible une liste plus détaillée sur les matières acceptées et refusées.
    • Inspirez-vous de la Ville de l’Assomption et prévoyez l’organisation de séances d’information publiques avant et après le début du service pour joindre les citoyens par un moyen supplémentaire
  • Comment éviter les inconvénients? Fournissez des trucs et astuces pour prévenir certaines situations problématiques (odeurs, insectes, matières qui collent au fond du bac, etc.)
  • Informez vos citoyens des ressources disponibles en cas de question ou de problème 
    • La communication est essentielle lors de l’implantation d’un nouveau service, c’est pourquoi la plupart des municipalités mettent en place une ligne d’information dédiée pour répondre aux questions et préoccupations des citoyens, 7 jours sur 7, de jour comme de soir
    • Compilez les statistiques sur les appels reçus au cours des 6 premiers mois après la livraison des bacs par sujet (nuisances, plaintes, questions techniques, distribution des bacs, qualité du service, bris, etc.), cela vous permettra de connaître rapidement les préoccupations des citoyens et de réajuster vos messages au besoin
    • Assurez la cohérence de vos communications en sensibilisant tous les intervenants du projet aux réponses et solutions à fournir, que ce soit les ressources à la ligne d’information, la personne responsable de l’implantation, les élus et conseillers municipaux, etc. 
  • Démontrez l’adhésion politique au projet, par exemple, assurez-vous que ce nouveau service soit visible lors de moments-clés, que les élus et conseillers en parlent dans leurs allocutions et qu’ils en glissent un mot sur le site Internet
  • Diffusez les résultats : les citoyens seront plus enclins à maintenir leur participation s’ils voient que leurs efforts donnent des résultats concrets et n’hésitez pas à leur communiquer des statistiques ou à leur distribuer du compost 
  • Voici quelques exemples : la Régie intermunicipale d’Acton et des Maskoutains présente des tableaux résumant ses statistiques des 15 dernières années, la Ville de Bromont résume ses résultats dans une vidéo et la Ville de Drummondville communique l’évolution des quantités récupérées via la plateforme Métrio 

Quand diffuser vos messages?

Une communication efficace passe par les messages, mais il ne faut pas négliger les périodes où ils sont diffusés. Identifiez les moments-clés à utiliser pour amener graduellement le citoyen à apprendre, comprendre et utiliser ce nouveau service :

  • Quelques mois avant le début de la collecte : faites connaître les informations générales liées au début du service
  • De quelques semaines avant jusqu’à après le début du service : diffusez des informations pratiques pour faciliter la participation et préparez-vous à répondre aux appréhensions des citoyens
  • Après le début du service : accompagnez vos citoyens pour aller plus loin, par exemple, fournissez des trucs sur le lavage du bac, quoi faire durant les vacances, etc.

La planification opérationnelle

Permettre les sacs certifiés compostables Si votre municipalité permet la collecte des matières organiques en sacs certifiés compostables, communiquez avec les détaillants de la région pour vous assurer qu’ils vendent bien ce type de sac, pour éviter les ambiguïtés et prévenir la contamination des matières récupérées par d’autres types de sacs. Pour en savoir plus, consultez notre page Guide pour l’utilisation des sacs. 

Pour favoriser une implantation réussie du nouveau service de collecte, assurez-vous que la planification technique du déploiement soit préparée en cohérence avec le plan de communication.

Pour vous guider, inspirez-vous des points suivants : 

  • Ayez une équipe dédiée. Veillez à ce que cette équipe détienne l’expertise ainsi que le temps nécessaire pour gérer l’implantation du service. 
    • Considérez la mise sur pied d’une brigade verte pour informer, sensibiliser vos citoyens et répondre à leurs questions. Cette brigade sera un atout pour fournir des explications lors de la distribution des bacs, pour vérifier les bacs le jour de la collecte ou pour faire de la sensibilisation lors d’événements municipaux.
  • Accordez-vous du temps. Prévoyez une répartition adéquate des différentes étapes à suivre afin que l’ensemble des acteurs soit prêt à temps pour le début de la collecte :
    • Entre l’octroi du contrat de collecte et traitement et le début du service (plusieurs mois)
    • Entre le début de la communication et la livraison du bac (quelques mois)
    • Entre la livraison du bac et le début de la collecte (quelques semaines)
  • Choisissez le moment du début de la collecte. Évitez de débuter la collecte à un moment où les irritants peuvent être plus importants, tels que l’été (odeurs, vers blancs) ou l’hiver (neige, matières qui gèlent). 
    • Favorisez un début de collecte au printemps ou à l’automne, hors des périodes de grandes chaleurs ou de gel
    • Si la fréquence de collecte change en cours d’année, débutez lorsque celle-ci est plus fréquente afin de favoriser l’adoption du changement d’habitudes par les citoyens.
  • Offrez le matériel approprié pour faciliter la participation des citoyens
    • Fournissez un contenant de cuisine (mini-bac), dont un échantillon des sacs acceptés (s’il y a lieu)
    • Donnez des trucs pour faciliter la collecte. Par exemple, les villes de Gatineau, Boisbriand et Mirabel proposent de faire un sac de papier en origami à partir des circulaires ou de journaux.
  • Offrez des options de bacs variées pour répondre aux différents besoins. Permettez la possibilité d’avoir des bacs de différents formats ou d’en avoir plus d’un pour répondre aux besoins des différents types de logements, comme les multilogements et les résidences unifamiliales 
    • Dans certains cas, l’installation de bacs pour l’apport volontaire peut faciliter la desserte. C’est le cas, par exemple, pour les personnes non desservies (comme les multilogements ou les territoires de villégiature) ou celles qui ont des surplus périodiques (comme lors du temps des Fêtes).
  • Offrez le nettoyage des bacs quelques fois par année

Optimiser les quantités récupérées

Lors de la planification, ou même après le début de la collecte, plusieurs éléments sont à considérer pour optimiser les quantités de résidus alimentaires récupérées.

Le rapport Éléments à considérer lors de l’implantation de la collecte des matières organiques pour maximiser la récupération des résidus alimentaires (PDF, 3.4 Mo) détaille divers facteurs observés dans 28 municipalités du Québec et de l’Ontario, ayant déjà implanté la collecte résidentielle des matières organiques, qui ont un impact sur le rendement de récupération. 

Voici les principaux éléments à considérer :

  • Limitez le changement de fréquence de collecte (idéalement pas plus de 2 fréquences différentes dans l’année)
  • Ayez une fréquence de collecte des résidus alimentaires plus fréquente que celle des ordures
  • Limitez les quantités d’ordures

Dans le même ordre d’idées, certaines municipalités préconisent l’instauration d’incitatifs tarifaires ou réglementaires. Par exemple, il peut s’agir de :

  • Rendre obligatoire la participation à la collecte des matières organiques ou interdire ces matières dans la collecte des ordures
    • Pour assurer l’application, il importe dans ce cas d’effectuer des vérifications aléatoires du contenu des ordures et d’agir en cas de contravention au règlement
    • Plusieurs municipalités ont mis en place des règlements en ce sens, dont Lac-Beauport, Asbestos, Stanstead, Bolton-Ouest et MRC Pierre-de-Saure 
  • Adopter une approche d’utilisateur-payeur pour la collecte des ordures afin de favoriser la participation aux autres collectes (résidus organiques, matières recyclables)

Quelles sont les caractéristiques des clientèles participantes ou non au service de collecte des résidus organiques? 

Une de nos études a permis de brosser un portrait des principales caractéristiques des citoyens qui participent à la collecte des résidus organiques ainsi que de ceux qui sont desservis, mais qui n’y participent pas.

Une autre étude sur le Portrait des comportements et attitudes des citoyens québécois à l'égard des 3RV (PDF, 2.8 Mo) apporte des conclusions allant dans le même sens.
Voici les principaux constats : 

  • Lorsque les citoyens sont desservis, les principaux incitatifs à participer davantage à cette nouvelle collecte sont, dans l’ordre :
    • Avoir de l’information justifiant la participation à la collecte des résidus alimentaires
    • Fournir des contenants qui éliminent ou limitent les odeurs
    • Avoir des installations adaptées aux différentes réalités (ex. : multilogements)
    • Simplifier les méthodes de collecte
  • Entre 70-85 % des unités desservies participent :
    • 80 % de ceux-ci mettent les bacs en bordure de rue à chaque collecte
    • Les outils de communication les plus consultés par ces participants sont : les dépliants (notamment celui remis dans la trousse de démarrage) ainsi que les sites Internet
    • Plus de 70 % des participants trouvent peu ou pas compliqué de faire le tri
  • Les principales raisons évoquées des non participants sont :
    • Manque d’information sur les raisons justifiant la participation et manque de confiance (ne croient pas que les matières soient réellement compostées)
    • Crainte des nuisances (odeurs, mouches)
    • Pratique du compostage domestique est suffisante
    • Installations non adaptées aux différentes réalités (ex. multilogements)
    • Perception négative de l’effort requis (ex. : manque de temps, gestion compliquée, manque de matières organiques) 
    • Utilisation d’un broyeur à déchets
    • Dépense pour l’achat des sacs
    • Accès difficile ou inexistant au produit fini