Lettre ouverte de Sonia Gagné, présidente-directrice générale de RECYC-QUÉBEC

8 février 2022

Nous vivons sur une planète avec des ressources limitées qu’il faut utiliser de manière optimale. Largement documentée, cette réalité nous commande à devenir individuellement et collectivement plus responsables de nos ressources, avec des façons de consommer repensées et des entreprises évoluant vers des modèles économiques de plus en plus circulaires. La publication récente par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) de son rapport sur l’état des lieux et la gestion des résidus ultimes ainsi que la grande couverture médiatique des dernières semaines vont dans ce même ordre d’idées.

Réduire les déchets à la source, le véritable défi à relever

La situation démontre que malgré des avancées, il reste beaucoup de travail à faire pour mieux gérer nos matières résiduelles. Le Québec s’est doté d’outils et de plans pour apporter une réponse à un problème de société qui s’aggravera si nous ne coordonnons pas nos efforts.

D’une part, 97 % des Québécois et des Québécoises utilisent le bac de récupération pour leurs matières recyclables, tandis que 53 % récupèrent leurs résidus alimentaires. Ces progrès des cinq dernières années et la constance de nos bonnes habitudes illustrent l’engagement des citoyens et des citoyennes et démontrent une volonté de faire autrement. Si la grande majorité d’entre nous adopte déjà les attitudes et comportements tels que la réparation, le réemploi et la réduction du gaspillage alimentaire, il reste cependant bien du chemin à parcourir pour augmenter le taux de circularité et diminuer la quantité de déchets produits par habitant afin de laisser une empreinte minimale de notre activité sur la planète.

D’autre part, nous invitons les entreprises, institutions et autres acteurs clés à mettre de l’avant les nouvelles mesures et exigences structurantes que sont la modernisation de la collecte sélective, l’élargissement de la consigne et la stratégie de valorisation de la matière organique. Ces trois piliers constituent les assises nécessaires pour permettre de passer à la vitesse supérieure.

Parallèlement, RECYC-QUÉBEC a aussi développé des programmes pour travailler en amont du recyclage et opter pour une stratégie de réduction à la source. Ces programmes permettent d’accompagner les organisations dans l’amélioration de leur modèle d’affaires et de financer des projets porteurs dont les impacts peuvent être mesurés et ainsi être reproduits auprès d’autres marchés. C’est en favorisant l’économie circulaire à grande échelle, autrement dit en adaptant nos habitudes pour consommer et produire différemment, que nous ferons le prochain pas important et nécessaire.

Une responsabilité et une mission collectives

Malgré les défis que nous pose la situation sanitaire actuelle, nous nous engageons à continuer à travailler plus activement que jamais à la réduction des déchets à la source tout en encourageant le réemploi, le recyclage et la valorisation. Je voudrais lancer un appel à revoir les modes de production, à la consommation responsable, à la réparabilité et au prolongement de la durée de vie des produits que l’on achète pour que tous les efforts citoyens aillent de pair avec ceux des entreprises. RECYC-QUÉBEC continue de favoriser des stratégies adaptées pour l’adoption de comportements significatifs et changer la perception.

Voilà pourquoi nous avons intensifié nos efforts pour offrir un leadership capable de rassembler les expertises, le savoir-faire et les leçons apprises pour les mettre à disposition de chaque acteur, du citoyen à la municipalité en passant par les entreprises et organisations.

Le déchet qui ne pollue pas est celui qu’on ne produit pas. Un concept simple, qui doit servir à aligner l’évolution de nos modèles économiques à grande échelle. Un Québec sans gaspillage n’est pas une utopie, mais plutôt une nécessité stimulante et une source d’innovation. Et conformément à notre mandat et à notre mission, nous allons maintenir ce cap.

Sonia Gagné, ASC
Présidente-directrice générale de RECYC-QUÉBEC